A partir du 22 février et jusqu'au 22 mai, Le Louvre accueille quelques oeuvres de Vermeer et celles de nombreux artistes du Siècle d'Or hollandais.

L’immense célébrité de «La laitière» ou de «La jeune fille à la perle» fait parfois oublier que de multiples artistes ont constitué ce Siècle d’Or hollandais. Pour la première fois depuis 1966 à Paris, douze tableaux de Vermeer sont réunis et mis en miroir avec de nombreuses œuvres de la fin du XVIIe siècle, contemporaines de celles du maître de Delft. Car dans l’ombre de ce dernier, réputé solitaire, une sorte de concurrence heureuse est née, où le type de sujets – des scènes de la vie quotidienne – et les techniques picturales, étaient partagés.

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Le récit d’une vie quotidienne bourgeoise idéalisée

Forte de la puissance économique des Pays-Bas à la fin du XVIIe siècle, l’élite hollandaise exigeait un art la représentant. Les peintres (Gerard ter Borch, Jan Steen, Pieter de Hooch…) ont alors créé des scènes de la vie privée sous forme idéalisée. Formant un véritable réseau, ils ont créé des représentations faussement anodines du quotidien, reflets de vies saines et heureuses. Nicolas Maes, tout comme Vermeer, a ainsi mis en scène une jeune fille en train de coudre. Loin d’être une ouvrière au travail, elle s’adonnait en réalité à une activité noble. «La laitière» de Vermeer, peinte juste après «La cuisinière hollandaise» de Gérard Dou, serait en fait une allégorie de la santé et de la plénitude.

Un intérêt tout particulier apporté à la lumière

Vermeer est celui qui «réagit, transforme par soustraction, par épuration. Et tout ce qu’il enlève, il le remplace par de la lumière et de l’espace, qui sont les vrais sujets de sa peinture», selon Blaise Ducos, le commissaire de cette exposition. Si le «sphynx de Delft» avait la capacité d’élever au premier rang la lumière dans ses tableaux, ses acolytes utilisaient la même technique. Souvent, une fenêtre située sur la gauche du tableau permettait une contemplation naturelle du sujet, comme dans «Femme lisant une lettre» de Gabriel Metsu ou «La peseuse d’or» de Pieter de Hooch.

De nombreux détails disséminés dans les œuvres

Grâce à l’équilibre né des détails au premier plan ou en arrière-plan, à l’instar de la lettre chiffonnée «jetée» à terre dans «La lettre» de Vermeer, ou du violon posé sur une partition de «Femme à sa toilette», de Jan Steen, le regard est attiré vers l’action des personnages. Le tout participe à l’évocation d’un quotidien mais aussi souvent, de quelques logiques souterraines de l’histoire «racontée», à l'instar de la chaufferette située derrière la laitière. L'objet souvent placé sous les robes des dames l'hiver est ici posé à côté d'un petit Cupidon en bas à droite du tableau. Il n'en fallait pas plus, selon certains, pour donner une dimension érotique à «La laitière». Quoiqu'il en soit, de nombreux visiteurs sont attendus au Louvre pour cette exposition évènement.

Vermeer et les maîtres de la peinture de genre, dès demain 23 février et jusqu’au 22 mai, musée du Louvre.