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Les parents d'élèves favorables à un baccalauréat à la carte

par webmaster le 29-11-2017

Les parents d'élèves favorables à un «baccalauréat à la carte»

SONDAGE - Une majorité estime que chaque élève devrait pouvoir choisir ses enseignements de spécialité en fonction de sa future orientation.

Oui, les Français sont attachés au baccalauréat, qui, depuis 1808, vient mettre un point final à la scolarité secondaire. Mais ils veulent une réforme. À ce jour, seuls 54 % des parents d'élèves considèrent que l'examen garantit «une aptitude à mener avec succès des études supérieures», selon une enquête de l'institut BVA pour l'Association des parents de l'enseignement libre (Apel)*. Entre 27 % de répondants qui se disent favorables au maintien du bac actuel et 15 % qui souhaitent sa suppression, une bonne majorité de parents se prononcent pour une formule mixant épreuves terminales et contrôle continu.

C'est justement ce que prévoit le gouvernement d'Emmanuel Macron. Globalement, les parents semblent regretter que les résultats scolaires soient le principal critère retenu dans l'orientation, au-delà des souhaits de l'élève et de ses goûts. À près de 75 %, ils appellent donc de leurs vœux un bac modulaire où chaque élève choisirait ses enseignements de spécialités en fonction de ce qu'il souhaite faire ensuite. Seuls 52 % restent attachés à l'existence des filières générales, S, ES et L.

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«Un contrôle continu»

«Les parents sont lucides. Ils ont une vision équilibrée et éclairée de ce que pourrait être le baccalauréat», estime Caroline Saliou, la présidente de l'Apel. L'association organise ce 29 novembre au Sénat un petit déjeuner-débat sur le sujet. À l'Apel, voilà maintenant plus d'une dizaine d'années que l'on milite pour une réforme. «Tous les élèves ne sont pas égaux face à un examen. Nous appelons de nos vœux un contrôle continu. Le bac ne doit pas se résumer à du bachotage», poursuit la présidente.

Le projet élaboré par l'association rejoint en plusieurs points le schéma que semble dessiner la concertation menée par le ministère. Pour l'Apel, le baccalauréat devrait prendre en compte, de manière équivalente, les notes de classe de première et de terminale ainsi que l'examen final. «Chaque jeune doit pouvoir construire son propre parcours et se préparer au supérieur», résume Caroline Saliou, qui souhaite «un baccalauréat à la carte».

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Un bac forcément en trois ans, de préférence en filière S… Aujourd'hui, le cadre implicitement fixé en France est strict. Et n'invite pas les établissements à l'innovation. Pourtant, au lycée Saint-Pierre, à Bourg-en-Bresse, c'est un bac en quatre ans que l'établissement privé sous contrat a imaginé, avec une année de première à l'étranger. De retour en France, les élèves ont indéniablement gagné en maturité. Un projet qui ne s'adresse pas forcément aux meilleurs profils scolaires, mais aux élèves motivés.

«Il faut faciliter les passerelles entre les filières, permettre, via une année supplémentaire, de passer de la voie professionnelle à la voie technologique, ou du technologique au général», conclut la présidente de l'Apel. Et si elle adhère au projet de réforme actuellement en discussion, elle invite à ne pas oublier, dans ce baccalauréat à la carte, les établissements ruraux qui n'ont pas la même offre de formation que les lycées urbains: «Il faut garantir une équité sur le territoire.»


* Enquête réalisée par BVA par Internet, du 13 au 16 novembre, auprès de parents d'élèves scolarisés à l'école, au collège et au lycée.

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