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Voici les trois mensonges les plus fréquents sur un CV

par webmaster le 15-06-2018

Voici les trois mensonges les plus fréquents sur un CV

  • Par  Amaury Bucco
  • Mis à jour le 14/06/2018 à 20:56
  • Publié le 14/06/2018 à 17:03  - Le Figaro

Voici les trois mensonges les plus fréquents sur un CV

Très pratique pour façonner la réalité, le mensonge est fréquemment utilisé dans le monde professionnel. Voici les trois affabulations les plus récurrentes sur les CV des candidats.


Très pratique pour façonner la réalité, le mensonge est fréquemment utilisé dans le monde professionnel. Voici les trois affabulations les plus récurrentes sur les CV des candidats. Article garanti 100% vrai.

Plus c'est gros plus ça passe! D'aucun se souviendront peut-être de l'incroyable histoire du directeur de l'aéroport de Limoges, au CV entièrement falsifié. Recruté en novembre 2011, il avait fallu plusieurs mois pour que ses employeurs se rendent compte que ses diplômes d'ingénieur aérien étaient bidon. Une pratique largement répandue en France, et dans toutes les sphères, de l'ex-PDG de Yahoo Scott Thompson, au grand rabbin de France Gilles Bernheim, en passant, plus récemment, par le spécialiste du cerveau Idriss Aberkane. À des échelons moins élevés, la société EveryCheck, spécialisée dans la vérification des CV, a établi la liste des trois mensonges les plus fréquents sur les CV.

L'entreprise inconnue: Mieux que l'emploi fictif, l'entreprise fictive! Nombreux sont les candidats qui inventent des entreprises où ils auraient travaillé afin de gonfler leur expérience professionnelle. Une falsification particulièrement utilisée par les commerciaux, détaille EveryCheck, qui décèlent une information frauduleuse dans 65% des CV contrôlés. Moins faciles à vérifier, les intitulés de postes aussi passent parfois à la moulinette du mensonge ou de la déformation. «Il m'est arrivé de reformuler certaines fonctions très simples avec des termes anglophones et sophistiqués», confie ainsi Jean, jeune diplômé de l'EM Lyon en recherche d'emploi, qui préfère parler de «marketing et d'autopromotion», plutôt que de mensonges a proprement parler. De fait, plutôt qu'un simple «vendeur», on préférera le terme fourre-tout de «responsable des ventes, créateur de solutions clients et responsable de l'animation du magasin», ou encore «manager régional, chargée d'affaires, conférencière, motivatrice des équipes», au simple «gérant».

Le faux diplôme: Très prisés des entreprises, les métiers liés aux systèmes d'information ou aux télécoms sont les plus demandés et donc les moins vérifiés. «C'est pourtant dans ces secteurs qu'on trouve de nombreux faux diplômes présentés par les candidats» déplore Yohan Zibi, cofondateur d'EveryCheck. D'autant plus qu'il est aujourd'hui très facile de fournir des documents falsifiés avec l'aide de Photoshop ou de sites internet spécialisés. Or la méprise n'est pas sans risque pour les entreprises, notamment chez les ingénieurs, qui peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt recherche dans leur emploi. En cas de faux diplôme, l'employeur du «faux ingénieur» peut donc pénalement être accusé de fraude fiscale. Quant au candidat, les peines encourues pour «faux et usages de faux» ou «illégalité d'activité» peuvent aller jusqu'à trois ans d'emprisonnement et 45.000 d'amende.

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À un degré moindre, de nombreux candidats diplômés d'écoles de commerce ou d'ingénieur entretiennent la confusion sur leur formation. C'est le cas de certains diplômés d'écoles «post-bac» rattachées à des écoles de renom (BBA Edhec, alias Espeme, ou BBA Essec, alias Epsci), ou de masters spécialisés présentés comme des masters «Grande École». À l'inverse, d'autres candidats décident sciemment de masquer certains diplômes encombrants et optent ainsi pour le mensonge par omission. C'est le cas de Diego, aujourd'hui dans la vie active, qui n'a conservé sur son CV que son diplôme anglais «au nom prestigieux», sans rien dire de son diplôme dans une école française qu'il juge «mal vu et trop fils à papa».

Des fins de contrats plus ou moins exactes:

Modifier la fin de son contrat est la dissimulation la plus répandue par les candidats du secteur de la comptabilité et de la finance. CDI devenu CDD, stage transformé en CDD, durée allongée, il existe de nombreuses méthodes pour prétendre à un meilleur salaire ou masquer la cause d'une rupture de contrat, comme le licenciement pour faute grave, peu apprécié des recruteurs. Autre point sujet à la dissimulation: les périodes d'inactivités (sans emploi). «C'est le mensonge le plus fréquemment rencontré», assure Alban Gilardoni, consultant en recrutement chez Michael Page, qui fait passer plusieurs entretiens par jour. Mal perçues dans le monde professionnel, les périodes d'inactivités sont «généralement masquées par des formations en langues étrangères ou autre» afin de faciliter l'entretien et de prouver son dynamisme. Les candidats peuvent enfin jouer sur le flou entretenu par les dates, «expert comptable de 2012 à 2016» par exemple, sans préciser les mois de commencement et de fin de leurs contrats.

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