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Cinq pléonasmes, faites sans le savoir, gâchent vos copies

par Pierre Berthet le 24-08-2020

Cinq pléonasmes que vous faites sans le savoir et qui gâchent vos copies

Par Figaro Étudiant • Publié le 23/08/2020 à 07:00

Pour maximiser vos chances de vous faire comprendre, mieux vaut éviter quelques redondances inutiles et maladroites.

Ce sont de petites redondances et maladresses qui peuvent heurter la lecture d’un examinateur sourcilleux. Le Figaro Étudiant vous propose d’en éradiquer quelques-unes de vos dissertations.

À quoi mesure-t-on la valeur d’une dissertation? À son propos, bien sûr. Mais aussi à la pertinence du plan, à l’enchevêtrement des différentes parties qui la composent. Il faut soigner sa copie pour être certain que le fond soit compris. La rendre agréable à la lecture, tant du point de vue calligraphique que syntaxique, est donc indispensable.

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Parfois, et sans que nous nous en rendions compte, nous faisons quelques maladresses. De malheureuses et inutiles répétitions de mots qui nuisent à la fluidité de notre propos, qu’on appelle des pléonasmes. Les plus connus sont: «monter en haut», «sortir dehors». Dans les copies, il en existe de plus discrets. Florilège.

Comme par exemple La formule est, pour certains, un quasi-automatisme. Est-ce parce qu’elle «sonne bien»? Ou a-t-on trop l’habitude de l’entendre? Qu’à cela ne tienne, nous avons bien affaire à un pléonasme. «Parmi les auteurs de l’humanisme, certains font l’éloge de la modération comme par exemple Montaigne qui écrit: ‘‘J’aime les natures tempérées et moyennes’’.» Cette redondance est inutile. «Comme», ainsi que le précise le Larousse, introduit notamment un exemple. Le faire suivre de la locution adverbiale «par exemple», qui elle-même s’emploie pour «illustrer un cas particulier», note le CNRTL, est inutile...

D’abord dans un premier temps «Nous verrons d’abord dans un premier temps en quoi l’homme est un animal politique.» Votre première partie promet d’être tout à fait intéressante. Dommage qu’elle ne soit introduite par un pléonasme. Rien de grave, assurément. Mais c’est une maladresse que vous pouvez aisément éviter. En effet, «d’abord», peut-on lire dans Le Trésor de la langue française, signifie «en premier lieu». Il vous faut donc choisir: «Nous verrons d’abord que...» ou «Nous verrons dans un premier temps».

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S’avérer vrai «La pré nomination de l’oracle s’est avérée vraieSachez que le verbe «avérer» signifie «faire reconnaître la vérité d’une chose par des paroles, un comportement, une action, un écrit». Ainsi que l’explique le CNRTL, le verbe qui nous occupe ici «comprend le radical ‘‘vrai’’» du latin Verus. Ainsi, «la plupart des grammairiens déclarent incorrect l’emploi d’expressions comme s’avérer vrai, faux, exact, inexact». Ainsi, il faudrait écrire: «La pré nomination de l’oracle s’est avérée».

Enfin, pour finir Si certains sont plus discrets, ce n’est franchement pas le cas de ce pléonasme. «Enfin, pour finir», «Enfin, en conclusion»... Ces répétitions sont vaines. «Enfin» abrite déjà l’idée d’un «événement qui se produit en dernier lieu», note le Larousse. Le Trésor de la langue française énumère les synonymes de cet adverbe: «à la fin», «finalement», «pour terminer». Pour éviter ce pléonasme, vous pouvez tout simplement écrire «Enfin nous verrons que...» ou «En conclusion, nous établirons...»

Ainsi par conséquent Comme nous pouvons le lire dans le Larousse, «ainsi» signifie déjà, en soi, «par conséquent» ou «par exemple». Si vous cherchez à démontrer une idée, préférez l’emploi unique d’«ainsi». «Ainsi, il y a deux possibilités» ou «par conséquent, il y a deux possibilités». Précisons par ailleurs que la formule «ainsi donc» est également à éviter sauf si elle est utilisée «pour marquer le mécontentement, la surprise», note le Larousse. Exemple: «Ainsi donc, vous acceptez enfin ma demande!».