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Le Fauchon Hôtel à Paris, l'avis de l'expert du Figaro

par webmaster le 08-10-2020

Le Fauchon Hôtel à Paris, l'avis de l' expert du Figaro

Deux ans après son ouverture, ce 5-étoiles place de la Madeleine tient-il toutes ses promesses ? Par Philippe Viguié-Desplaces – Le Figaro

 9/10 pour Fauchon, l'hôtel La maison Fauchon a régné des décennies (depuis 1886), sur les papilles des Français et sur la place de la Madeleine, associant son épicerie fine au meilleur de la France. Autant dire que son premier hôtel, ouvert il y a tous justes deux ans, à quelques encablures de la boutique qui fait l'angle du boulevard Malesherbes, était attendu. Passé l'effervescence juvénile des premiers mois, l'hôtel s'est installé durablement dans le paysage de l'hospitalité parisienne. Face à l'entrée et à sa monumentale double porte, la réception impressionne par son volume et un savant décor, où des formes géométriques s'entrelacent sur des parois d'or du plus bel effet. À peine la porte franchie, on est aussitôt dirigé vers un ravissant boudoir bibliothèque au ton velouté. Un cocktail maison en main (offert) et on est rejoint par une hôtesse souriante armée d'une tablette. Les formalités du check in sont sobres, chaleureuses, sans ostentation et plutôt efficaces. Après tout, on est toujours mieux que debout derrière un comptoir. 10/10 La situation Place de la Madeleine boulevard Malesherbes, à deux pas de la Concorde, épicentre du Paris touristique, c'est une des meilleures localisations de la capitale. 8/10 La déco On la doit à l'atelier Paluel Marmont qui a su jouer sur les codes couleurs de la maison. Rien de fracassant, mais c'est joli. La moquette des couloirs, bandée de noires et fuchsia (les couleurs de l'épicerie fine, NDLR), l'ascenseur aux parois de verre tissées de fil d'or, sont plutôt festifs. Au rez-de-chaussée, on a apprécié le bar très parisien, revisité Second Empire, en plein accord avec l'architecture haussmannienne du bâtiment. Quelques livres et des objets de décoration garnissent les recoins de cet espace un peu pompeusement appelé « bibliothèque ». De même, le petit coin salon logé dans le lobby est très réussi avec sa banquette de velours, un peu Art déco. Le soir venu, la parfaite maîtrise des éclairages dans les parties communes et notamment dans le bar, ajoute à la douceur de vivre de cet écrin. Une délicieuse harmonie qui vous arrache à la fureur de vivre à Paris et offre une quiétude presque provinciale. Un bémol : que fait ce mannequin femme en bas résille, méchamment coloré (cela n'apporte rien), œuvre de l'artiste Josepha qui marque l'entrée dans la partie restauration ? On n’a pas du tout envie de la voir  10/10 Les chambres On pénètre dans la partie la plus réussie de l'hôtel. Les 37 chambres et 17 suites regardent Paris. Pas une d'entre elles n'offre une vue au rabais. C'est suffisamment rare pour être dit. Devant nous, l'église de La Madeleine dans la puissance de son architecture et la perspective du boulevard Malesherbes… De la lumière, de l'espace, de la fluidité… Ça, c'est Paris ! La nôtre n°901 est plutôt grande, qualifiée de junior suite. Parquet noir à la pointe de Hongrie, murs et rideaux blancs, petits fauteuils roses…. Tout est très féminin… Dans un coin, le bar gourmet, meuble armoire rock’n’roll rempli de produits Fauchon (offerts), a été conçu spécialement. Mais au-delà de toute considération esthétique, ce qui caractérise la chambre c'est la qualité de ses équipements. Tout est pratique et confortable. Bien fait. À l'image de la penderie dans l'entrée qui s'éclaire de l'intérieur quand on l'ouvre. Une tablette permet en deux clics de porter à l'écran son propre compte Netflix. Un astucieux miroir amovible, discrètement accroché dans un coin de la pièce, permet une utilisation optimale. Et le sèche-cheveux Dyson dans sa boîte en cuir rose est une belle trouvaille. Grâce à un parfait double vitrage on a le film de la nuit parisienne...

8/10 À table Pour le déjeuner le restaurant bénéficie d'une terrasse tandis que le soir on se replie plus aisément à l'intérieur, dans une déco rafraîchissante et joyeuse. La cuisine un rien « bistronomique » proposée par le chef Frédéric Claudel est celle d'un bistrot chic, avec de belles saveurs comme cette chair de tourteau d'Atlantique en cannelloni aneth et granny smith. La provenance des produits est recherchée, porc noir Gascon de Patrick Duler, ou foie gras de canard de la ferme de Jean Sarthe. Deux musts du genre. Un incontournable : le célèbre pâté en croûte Fauchon qui a enflammé des générations de palais dont celui du général de Gaulle…. (Autour de 50€). 9/10 Les services et équipements Le spa très féminin logé au sous-sol dispose de deux cabines de soin qui ont confié à la maison Carita. Un hammam aux couleurs de la maison Fauchon est en accès libre, mais peut aussi sur certaines plages horaires se privatiser. La salle de fitness est bien équipée.  8/10 Le rapport qualité prix De belles chambres avec vue sur le Paris monumental de la place de la Madeleine, fait du Fauchon Hôtel une très belle adresse dont les tarifs des chambres varient de 400 € à 550 €, dans la moyenne supérieure pour cette catégorie.

Fauchon, l'hôtel, 4 boulevard Malesherbes, Paris