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Education. Voici à quoi ressemblera le nouveau bac en 2021

par Pierre Berthet le 24-01-2018

Voici à quoi ressemblera le nouveau bac

Par Marie-Estelle Pech • Publié le 23/01/2018 à 20:25 • Mis à jour le 23/01/2018 Le Figaro

La réforme du bac entrera en vigueur en 2021 mais les changements vont débuter dès la rentrée prochaine, en classe de seconde. L’idée est de simplifier l’examen en s’inspirant en partie du «colloquio» italien. Le professeur d’université et ancien directeur de Sciences-Po Lille Pierre Mathiot remet mercredi 24 janvier son rapport sur le bac à Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, après plusieurs centaines d’auditions...Et un voyage en Italie pour étudier le fonctionnement du «colloquio» italien, un examen oral pluridisciplinaire.

Le nouveau bac entrera en vigueur en 2021  Ce rapport propose un nouveau lycée avec un objectif: mieux préparer les lycéens aux exigences du supérieur. Pierre Mathiot avait été chargé par le ministre en novembre dernier de mener une mission de réflexion sur la réforme de cet examen vieux de plus de deux cent ans. Jean-Michel Blanquer devrait quant à lui proposer son projet de réforme d’ici une quinze jours. Cette dernière commencera par la classe de seconde en septembre 2018, celle de première en 2019, celle de terminale en 2020 et du bac en 2021.

Voici en avant - première, les changements possibles.

? Il faudra se spécialiser dès la seconde  Comme à l’université, les années de seconde, de première et de terminale seront découpées en semestre et non plus en trimestre. À la rentrée 2018, les élèves de seconde suivront une formation commune au premier semestre. Mais ils devront choisir un ou deux enseignements au choix pour le deuxième semestre, ce qui permettra de «colorer légèrement» leur parcours, par exemple physique chimie, sciences de la vie et de la terre, économie, etc. Cette coloration scientifique, économique ou littéraire serait cependant «réversible» par la suite.

? La fin des filières L, ES et S  Fini, les filières L, ES, S instaurées dans les années 1990. À la fin de la classe de seconde, les élèves devront choisir une «majeure» qui comprend deux disciplines. La commission Mathiot en a déterminé neuf même si elles n’excluent pas la possibilité pour les lycées, selon leur capacité, d’en créer d’autres: maths-physique-chimie, sciences-physiques-sciences de la vie et de la terre, sciences de l’ingénieur-physique-chimie, maths-informatique, maths-sciences économiques et sociales (SES), SES-histoire-géographie, lettres-langues, lettres-arts, lettres-philosophie. Autant de choix qui rappellent à certains le découpage des filières qui avait persisté jusqu’en 1993: A1, A2, A3, C, D, E, etc.

L’élève devrait choisir, outre ces deux disciplines constituant les «majeures», deux à trois disciplines «mineures». Il pourrait aussi suivre la même discipline en majeure et en mineure, sous forme d’un enseignement renforcé. Les matières «mineures» au nombre de deux correspondent à un volume horaire hebdomadaire de quatre heures sur vingt-sept. Et tous les lycéens seraient par ailleurs amenés à suivre un «tronc commun». En première, les mathématiques, les lettres, la langue vivante 1, la langue vivante 2, l’histoire-géographie, l’éducation physique et sportive. En terminale, la philosophie, l’histoire-géographie, la langue vivante 1, la langue vivante 2, et le sport.

Une usine à gaz?  Pierre Mathiot devrait proposer la possibilité pour les élèves de changer de «mineure» à la fin de chaque semestre de première et de terminale. L’idée étant d’introduire «un maximum de souplesse» pour l’élève. Il pourrait aussi changer une des deux disciplines de sa majeure. Avec une contrainte toutefois, l’obligation d’annoncer ce changement en fin de première pour que les établissements puissent réorganiser leurs enseignements. Pour les syndicats d’enseignants, dont certains crient déjà à «l’usine à gaz», cela «risque d’être très difficile à organiser. Les enseignants pourront se retrouver à mettre en place un cours de sciences physique, par exemple, avec des élèves aux acquis très disparates. Comment va-t-on construire les programmes?

? Deux écrits et deux oraux au bac  En première, les épreuves anticipées de français restent, a priori, identiques. Le principe de quatre épreuves en terminale semble en revanche acté (contre une dizaine actuellement), avec deux écrits concernant les deux disciplines de la «majeure» choisie par l’élève qui se dérouleraient juste après les vacances de Pâques, ce qui permettrait d’intégrer les résultats à Parcoursup, la plateforme d’admission postbac. Une épreuve de philosophie et un grand oral inspiré du colloquio italien se tiendraient en juin. Le grand oral devrait durer une demi-heure et compterait pour 15% de la note finale quand l’examen italien compte pour 30%. Il pourrait porter sur une discipline du tronc commun et une discipline de la majeure et serait présenté devant un jury de trois personnes, deux professeurs du lycée et une personne extérieure. En terminale, des heures hebdomadaires pourraient être consacrées à des ateliers de préparation à cet oral.

? Un contrôle continu renforcé  Les autres épreuves de terminale seront évaluées pendant l’année et compteront pour 40% du bac. Jean-Michel Blanquer se prononçait dans son livre sur l’éducation pour une évaluation en contrôle continu, réalisé par les professeurs de l’élève. La délivrance du diplôme se ferait donc sur la base des notes de première et terminale. Le risque politique est cependant important: en 2005, avec une proposition gouvernementale similaire, les lycéens avaient défilé dans la rue, refusant d’obtenir un «bac Saint-Denis» ou un «bac Henri-IV». De fait, l’hypothèse d’un «contrôle en cours de formation» serait sérieusement envisagée. Les sujets proviendraient alors d’une base nationale et des semaines «banalisées» seraient fixées pendant l’année pendant lesquelles les lycéens n’auraient pas cours et seraient corrigés anonymement par les professeurs d’un autre lycée. Un casse-tête au niveau de l’organisation qui ne serait pas forcément moins lourd que le bac actuel.

? Les oraux de rattrapage passent à la trappe  Fini le passage du bac au «rattrapage». Une notion familière à tous les bacheliers qui ont présenté l’examen depuis 1960. C’est une hypothèse constante qui se dégage des consultations. Lourd à organiser, le rattrapage perdrait par ailleurs de son sens avec la réforme à venir en 2021, davantage axés autour du contrôle continu. Aujourd’hui, l’élève de terminale présente des épreuves orales de rattrapage - le «second groupe d’épreuves» dans le jargon officiel - si la moyenne de ses notes est comprise entre 8 et 10 sur 20.